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Le Canada, fan du « Doing well by doing good »

Le Canada, Fan Du « Doing Well By Doing Good »

Article en français à propos de l’évolution de la RSE au Canada depuis dix ans, écrit pour les Cahiers Centraliens lors de la publication d’un dossier spécial sur le theme « RSE et Éthique de l’Ingénieur ».

Il est bien loin le scepticisme qui avait accueilli en 2003 l’idée d’une conférence sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) à Toronto – la capitale économique canadienne. J’avais suggéré le sujet pour le symposium annuel de l’association de cadres supérieurs au conseil duquel je siège. L’un de mes collègues administrateur s’était exclamé : « Mais qu’est ce que cela a à voir avec les affaires ?! ». Malgré les objections, nous avions décidé d’aller de l’avant. Pour le discours d’ouverture, nous avions invité un ancien d’IBM dont les recherches établissaient le « business case » de la RSE. À la fin de la conférence, l’administrateur dubitatif me confia qu’il comprenait maintenant le lien entre profit et conscience sociétale. Il résuma le concept avec la formule anglaise : « Doing well by doing good » (faire du profit en faisant du bien).

Depuis lors, la RSE a connu une ampleur considérable au Canada. Le grand magazine national d’actualité McLeans publie maintenant un classement annuel des 50 entreprises qui démontrent la plus grande responsabilité sociétale à travers le pays. McLeans monte ce dossier en partenariat avec la firme torontoise Jantzi Research, pionnier mondial de l’évaluation des sociétés sur des critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance.

Quelques exemples

Les exemples ci-dessous illustrent le type d’initiatives RSE qui ont permis à 50 entreprises de se démarquer cette année.

La plus grande société de distribution alimentaire au Canada, Loblaw, a adopté une politique sur les produits de la mer durables. Réagissant à la crise sans précédent menaçant les océans (selon l’Organisation des Nations Unies, plus de 70 % de la réserve mondiale de poissons est pleinement exploitée ou surexploitée), Loblaw s’est engagée à s’approvisionner exclusivement auprès de sources durables d’ici la fin 2013. Cet engagement s’applique à tous ses produits – en conserve, surgelés, frais, sauvages et d’élevage. Au fur et à mesure que des espèces sont identifiées comme étant menacées, Loblaw cesse temporairement de les vendre et ne les propose de nouveau qu’après avoir trouvé des sources d’approvisionnement durables certifiées par un organisme indépendant.

Dans le secteur de l’impression, le leader Transcontinental a maintenant la « triple certification » de traçabilité des produits forestiers dans ses 45 installations au Canada et aux États-Unis. Cette certification indique que le processus de fabrication du papier respecte les normes de gestion durable des forêts. François Olivier, président et chef de la direction, déclarait récemment : « Nous avons développé une politique d’achat du papier en vue d’offrir à nos clients des choix répondant à leurs objectifs environnementaux, et cette certification représente un prolongement de notre engagement. »

Dans le domaine des carburants, Nexen, basée à Calgary, subventionne à hauteur de $1000 les associations sportives ou caritatives dans lesquelles s’impliquent ses employés, en plus de jours payés pour le volontariat.

L’assureur Manuvie a créé un programme de microcrédit pour stimuler l’économie en Indonésie, qui souffre toujours des conséquences du Tsunami de 2004. De plus, pour aider les familles défavorisées dans les régions rurales au Vietnam, Manuvie a lancé un projet de microassurances abordables, en collaboration avec un organisme local sans but lucratif.

Toujours le vent en poupe malgré la crise

Dans son dernier dossier sur la RSE, le magazine McLeans indiquait que les efforts des leaders canadiens en la matière n’avaient pas diminué suite à la crise économique – bien au contraire ! En effet, la plupart des initiatives RSE visent à soigner la réputation de l’entreprise, et les sociétés ne peuvent se permettre de ternir leur crédibilité pour économiser quelques dollars. De plus, les entreprises justes et éthiques récoltent le fruit de leurs efforts sous la forme d’un appui accru des collectivités locales à leurs projets d’expansion, et d’une plus grande capacité à attirer, motiver et garder des employés compétents.

Il n’est donc pas étonnant que Marvin Romanow, PDG de Nexen, déclare en introduction du dernier rapport sur le développement durable de sa société : « Je suis fier du maintien de notre engagement pour l’énergie responsable alors que nous traversions la pire crise financière depuis 80 ans. »

La RSE constitue ainsi un avantage concurrentiel important. Quand générosité rime avec prospérité…

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À propos de l’auteur

Edmond Mellina dirige ORCHANGO, un cabinet de formation et de conseil réputé internationalement pour son expertise en gestion du changement : sa spécialité, aider les organisations à s’adapter. Ancien de l’École Centrale Marseille (ENSPM), Edmond Mellina est basé à Toronto depuis plus de quinze ans.

Site internet: www.orchango.com

Edmond Mellina

Edmond Mellina is president & co-founder of ORCHANGO. He is internationally respected as an expert in change management when change is fast-pace, constant, overlapping and disruptive. For over 25 years, he has partnered with public and private sector clients in Europe, North America and the Middle East to build their change capabilities while helping them win in an increasingly digital world. Prior to co-founding ORCHANGO, Edmond was a corporate executive: CIO at Delta Hotels when Expedia disrupted the hotel business; VP Corporate Development & GM for the technology business of Envoy Communications Group when marketing agencies started to become digital. Edmond serves on the National Board of Directors of the Strategic Capability Network.

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